5 jours de gravel sur la GTMC : Clermont-Ferrand > Brioude
Greg & Steph n'en sont pas à leur premier coup d'essai : l'année passée notamment, c'était sur Le Canal des 2 Mers à vélo qu'ils partaient à l'aventure, en mode "bikepacking"
En revenant, ils rêvaient déjà au prochain voyage : "nous pensons ressortir le VTT pour nous enfoncer dans le parc des Volcans", nous soufflaient-ils.
Finalement, c'est bien dans le parc des Volcans qu'ils ont atterris, mais ils ont parcouru cette section de la Grande Traversée du Massif Central (GTMC) en vélos gravel !
On a donc voulu en savoir un peu plus sur leur aventure à vélo tout-terrain : ils nous livrent ici leur ressenti !

Après le Canal des 2 Mers à vélo, pourquoi le choix de la GTMC ?
Une fois le trip sur le Canal des 2 Mers achevé, on s’est tout de suite demandé : on part où et quand la prochaine fois ? On se pose toujours ce type de questions en rentrant de raid :-) juste l’envie de repartir et très vite ...
On avait déjà fait une Grande Traversée dans le passé : la GTA (Grande Traversée de l’Ardèche). On avait alors été enchanté par la qualité du tracé, les paysages et la facilité à suivre la trace … un GPS n’est vraiment pas nécessaire.
Perso, j’ai passé 2 ans à Clermont-Ferrand pour mes études et j’avais pu sillonner le Parc des volcans à VTT dans tous les sens … j’en gardais un excellent souvenir !
Sachant que Steph devait arriver de Paris et moi de Lyon … un rendez-vous à Clermont avait tout son sens. Le choix était fait … la Grande Traversée du Massif Central à VTT sera notre prochain grand trip … à l’origine on avait prévu de la faire en septembre 2018, mais suite à des soucis à l’épaule de Steph le projet a dû être reporté à 2019 … .
Et pour accéder au début de l'itinéraire ?
C’est à chaque fois la même question : comment accéder au début de la trace ? et surtout : comment en ressortir ?

Accéder à Clermont Ferrand est assez simple depuis Lyon et Paris, en train avec son vélo … pour la petite histoire, Steph, ayant plus de jours de congés que moi, est parti avant moi et est descendu du train à … Avallon. Le rendez-vous était donc fixé en gare de Clermont-Ferrand.
Sortir de la trace fut nettement plus compliquée. Saint-Flour est vraiment mal desservie par le train … la solution était donc de reprendre le train à Brioude pour le retour à la maison. On a donc préparer la fin de notre trace entre Saint Flour et Brioude en privilégiant les petites routes … tip top !
Niveau matos : comment vous vous êtes organisés ?
Un parcours VTT réalisé ... en gravel !
Comme je le disais précédemment on s’est posé la question du type de vélo à utiliser. Nous avions tout de même des bagages à emporter pour assurer notre autonomie, le vélo gravel était donc le choix idéal.
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Le parcours de la GTMC est très typé tout terrain, il a fallu bien s’assurer de la fixation de nos sacoches … ça secouait sévère ! Une petite sangle en plus sur les sacoches de devant et roulez jeunesse :-)
Ah si, dernier point : on ne saurait trop conseiller de partir en tubeless sur ce type de terrain : on peut rouler en basse pression et améliorer le grip. Et je ne parle pas de nombres de crevaisons qui se sont réparées d’elles-mêmes : 5 crevaisons durant ce trip sur ma seule roue arrière.

Niveau couchage : plutôt hôtel ou bivouac sur cette aventure ?
On a fait du bivouac à l’exception du second soir où nous sommes finalement allés en gîte au dernier moment : gros souci de ravitaillement (c’est bien désert l’Auvergne / le Cantal, surtout le week-end de l’ascension).
Nous voulions dormir la tête dans les étoiles tous les soirs !
La grosse différence par rapport à la fois précédente, c’est que l’on souhaitait aussi dîner sur notre bivouac … on a donc pris des popotes en plus dans nos sacoches ! On pourra revenir plus tard sur ce point précis : manger sur son bivouac c’est le top mais ça demande une logistique journalière à ne pas prendre à la légère.

Qu'en est-il du terrain traversé ?
Le terrain que dire du terrain … le parcours est très vallonné, pour ne pas dire plus ! Il ne faut pas oublier que le Massif Central est une montagne, pas comme les Alpes ou les Pyrénées, mais une montagne quand même : ça monte et ça descend en permanence.
Sachant que nos vélos équipés pesaient environ 30 kg sur la balance, sans eau, on comprendra la difficulté de certains passages.

Comme je connaissais bien le parc des Volcans, nous avons fait le choix de couper directement vers Orcival depuis Clermont via la route … Sur le parcours que nous avons emprunté, il y avait majoritairement du bitume ou de la piste … les parcours très cassants étaient limités. On s’est d’ailleurs fait la réflexion que le choix du gravel était opportun : le bitume en VTT, c’est quand même la galère alors que le tout terrain en gravel, c’est ultra fun !
C’est la première fois qu’on emmenait nos gravels sur des terrains si variés. Ça passe vraiment partout, ça bouge dans tous les sens mais ça reste très sain à piloter … enfin avec nos Séquoia !
On s’est vraiment éclaté sur ce types de parcours et puis quand ça passe pas, principalement quand la pente est trop forte, et bien on pousse ;-)
Il y a aussi de longues pistes très roulantes et alors là on passe en mode TGV … il faut néanmoins rester prudent : on passe souvent à travers champs et il n’est pas rare de croiser des troupeaux de Salers !
Chargé comme nous l’étions, le parcours est quand même assez physique mais la beauté du paysage est tout simplement incroyable !
Pourquoi partir au bout du monde alors qu’avec un simple ticket de TER, le bout du monde est sous nos roues ?
Plus d’une fois, nous nous sommes dit que la France regorgeait de paysages insoupçonnés …
La traversée en vidéo :
Le déroulé de leur voyage sur la GTMC :
Jour 1 : Clermont-Ferrand > Orcival > Murol
Nous avons zappé la boucle autour du Puy de Dôme pour filer sur Orcival. On y a repris la trace de la GTMC et le parcours suit sur route excepté quelques chemins roulants : l’option gravel prend tout son sens.
Pause dans l’après-midi au lac de Servière, à mon avis, le lac de la région le plus sauvage.
On se croirait vraiment au Canada et on se serait pas surpris de voir un hydravion se poser … .
Les paysages sont superbes, la vue sur la chaîne des Puys vaut le détour. De belles routes à travers des forêts, ça monte et ça descend en permanence.
La journée se termine par une jolie descente sur Murol avec une vue incroyable sur son château, puis bivouac avec vue incroyable sur les monts d’Auvergne.
Jour 2 : Murol > Égliseneuve
Une nuit assez difficile : la météo fait des siennes, entre température assez basse, vent et même un peu de pluie …
Le début du parcours est encore une fois majoritairement sur route. Passage par l'incontournable lac Pavin.
Les cotes et descentes se succèdent, les paysages apparaissent de plus en plus grandioses.
Je ne sais pas si c’est habituel mais les champs sont couverts de pissenlits. On rencontre de moins en moins de monde et de plus en plus de vaches, des Salers.
On adapte ensuite notre parcours pour rejoindre un gîte : c'est jour férié, ravitaillement compliqué donc on choisit la sécurité. Au final, une belle journée, la beauté des paysages est toujours un plus quand les jambes ne répondent pas comme on le voudrait.
Jour 3 : Égliseneuve > Allanche
On attaque la journée en forme, sous le soleil, par une jolie route qui serpente entre les prairies … on entre dans le Cantal et on réalise qu’on entre aussi de plein pied dans notre GTMC. Quasiment le reste de la journée se passe sur chemins plus ou moins praticables.
On réalise que nos vélos gravel passent vraiment partout. Plus on avance, plus on prend confiance et plus le rythme s’accélère, y compris dans les descentes de cailloux
Le Cantal est incroyable, la nature est sauvage et belle … à certains endroits on se serait cru dans les plaines de Mongolie.
Le site du bivouac est au top et le ravitaillement facile : une bonne soirée au coin du feu à refaire la journée, avec nos saucisses et nos patates dans la braise … quoi de mieux ?
Jour 4 : Allanche > Celles
Départ aux aurores pour alterner entre route et chemins, et quels chemins !
Parcours incroyable dans les bois, à rouler dans l’herbe et à éviter les rochers … Certains passages se font presque en mode trial.
S'ensuit une séance de poussette d’anthologie : longue, très longue, sous le soleil … un des « pires passages » depuis notre départ.
La matinée se termine en descente entre herbes hautes et fleurs jusqu'au village de Murat.
Ici, une variante de la GTMC part vers le Lioran. Chargé comme nous sommes, on ne l'emprunte pas pour faire notre propre trace : un mix entre le parcours de base et la variante.
Le parcours nous ravit les yeux et les jambes: c’était vraiment le bon choix ! Bivouac avec une vue splendide sur les monts du Cantal. Grosse averse, l’occasion de valider le combo hamac + tarp, un choix vraiment pertinent pour voyager léger en vélo.
Jour 5 : Celles > Saint-Flour > Brioude
Ça sent la fin … . Le parcours entre notre lieu de bivouac et Saint-Flour est majoritairement sur route : ça monte, ça descend, ça tourne … On ne s’ennuie pas et c’est même plutôt agréable. Saint-Flour est une jolie ville ancienne et une petite visite s’impose.
Nous quittons la trace à Saint-Flour et nous savons déjà que nous reviendrons très prochainement sur la GTMC afin de poursuivre l’aventure.
Pour être totalement honnête, on a eu un peu de mal à « rentrer dans la trace » mais maintenant je crois bien qu’on est conquis et surtout convaincu de l’intérêt de poursuivre le chemin … au moins jusqu’à Millau.







